Miya(小太陽)- 泛自閉光譜/ADHD當事者部落格: 10月 2026

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2026/10/11

Interview avec Maïtena 「哈囉,友人在嗎?」30 訪談法國晚確診女性泛自閉光譜者、電視節目主持與製作人Maïtena Biraben-法文版

※ La version chinois traditionnelle est publiée séparément, vous pouvez la lire ici.


Je suis tombée un peu par hasard sur une courte vidéo de Madame Maïtena Biraben sur Instagram, publiée par “Le Nouvel Obs”, un média d’actualité français. Après avoir regardé l’entretien complet, je me suis mise à chercher davantage d’informations sur elle, et c’est ainsi que j’ai découvert son parcours.


En France, les discussions autour des femmes adultes autistes et/ou avec un TDAH restent encore assez rares dans les médias grand public. Même si, sur Instagram et d’autres plateformes, une nouvelle génération de personnes autistes et/ou TDAH commence à faire entendre sa voix et à mener des actions d’auto-représentation (self-advocacy en anglais), comme à Taïwan, cette prise de parole reste encore largement cantonnée à une sorte de « bulle » et peine à atteindre le grand public.


Et notre société entretient encore de nombreuses idées fausses au sujet des personnes neuro-atypiques, notamment des personnes autistes et des personnes avec un TDAH.


Très tôt, le film “Rain Man” depuis 1988 a profondément ancré dans l’imaginaire collectif l’image de la personne autiste comme étant à la fois un homme et un génie. Dans les films, les séries et les romans, les personnages autistes sont encore très souvent des hommes ou des enfants : soit des génies, soit des personnes ayant une déficience intellectuelle et étant incapables de vivre de manière autonome. Les femmes, les personnes présentant des caractéristiques plus atypiques ou intériorisées, ainsi que celles qui ont appris à masquer leurs traits (masking / camouflage en anglais), ont longtemps été quasiment absentes de ces représentations. Et la compréhension et l’image que la société se fait de l’autisme sont ainsi devenues de plus en plus stéréotypées, renforcées par les biais véhiculés par les médias grand public.


Aujourd’hui encore, il est très rare que l’on associe spontanément à l’autisme une personne comme Maïtena Biraben, qui correspond, aux yeux de la société, à l’image d’une personne « ayant réussi » : avec un statut socio-économique élevé, toujours très soignée, qui semble à l’aise dans les interactions sociales et qui a réussi à atteindre l’âge adulte sans difficulté apparente.


Maïtena a reçu son diagnostic d’autisme à l’âge de 57 ans. Aujourd’hui âgée de 59 ans, elle a partagé son histoire cette année (2026), à l’occasion du mois de sensibilisation à l’autisme, en avril.


Après avoir regardé son entretien vidéo, j’ai été très touchée par son courage, son humour, ainsi que par sa volonté de montrer devant la caméra sa vulnérabilité et une image d’elle-même qui soit authentique. J’ai alors pris mon courage à deux mains et je lui ai écrit pour lui proposer cet entretien.


À l’origine, j’aurais aimé réaliser une interview en visioconférence, sous la forme d’un épisode de podcast ou dans un format proche du podcast. Mais comme Maïtena est très occupée par son travail, elle a gentiment accepté de répondre à mes questions par écrit.


Merci beaucoup à elle !


Commençons.


---


Miya :


Encore merci, Maïtena, d’avoir accepté mon invitation. Cela faisait longtemps que je n’avais pas réalisé d’entretien écrit, et j’interviewe également assez rarement des français·es, alors je suis un peu nerveuse.


Mais je suis vraiment très heureuse que vous ayez accepté mon invitation !


Il y a quelque temps, ma famille a fait transférer sur DVD des vidéos de mon enfance, ce qui m’a enfin permis de revoir toutes les anciennes cassettes. À ce moment-là, je me suis mise très sérieusement à chercher, dans ces vidéos, des indices de mon autisme.


Bien sûr, les vidéos montrent surtout les moments où tout allait bien, ainsi que des scènes où toute la famille était réunie et semblait bien s’entendre. Mais à partir de mes propres souvenirs d’enfance, ainsi que des écrits de mes enseignants et de mes parents dans mes carnets de correspondance, il apparaît clairement que j’ai toujours présenté des traits autistiques et liés au TDAH assez marqués.


Cela m’a toujours laissée perplexe : pourquoi, alors que ces caractéristiques étaient si visibles, aucun adulte ne s’est-il rendu compte de ce qui se passait ?


Ma première question serait donc la suivante : après avoir reçu votre diagnostic, lorsque vous repensez à votre enfance et à votre parcours de vie, y a-t-il des moments où vous vous êtes dit : « Mais… c’était pourtant évident que j’étais autiste, pourquoi personne ne l’a remarqué ? »


Et face à ces souvenirs, avez-vous parfois ressenti une forme de tristesse ou de regret ?


Comment avez-vous vécu, après un diagnostic tardif, tous ces « si seulement… », ainsi que certains regrets plus diffus que l’on peut ressentir en repensant à son passé ?


Maïtena :


→ Non je ne me suis pas dit que cela avait été évident. Toute petite je me suis construite en masquant, et en m’adaptant je dirai magistralement. J’étais pour les autres :  tête en l’air, étourdie, dans son monde…  J’avais une détermination forte et un caractère facile et affirmé. comme pour moi tout était une question, je procédais aux réponses. 


Oui il y a de la tristesse, d’abord face à un potentiel qui eut été formidable si il avait été vu et bien sur aussi aux regard des relations que j’aurais pu avoir avec mes parents en particulier. 


C’est LE regret du diagnostic tardif. Les relations auraient été bien différentes et aussi le diagnostic en aurait entraîné d’autres au sein de la famille, ce qui aurait rendu la vie peut être plus facile pour certains. 



Miya :


En 2017, j’ai publié à Taïwan un livre autobiographique consacré à mon enfance en tant qu’enfant prématuré. Après l’avoir lu, ma maison d’édition a demandé à la psychiatre qui me suivait lorsque j’étais enfant d’en rédiger la préface. Après avoir lu mon livre, elle m’a dit que j’étais très clairement autiste. À la fin de l’année 2022, je suis donc retournée la voir pour passer un véritable bilan diagnostique.


Malgré cela, dans la vie quotidienne, les personnes qui me connaissent peu ont beaucoup de mal à repérer mes caractéristiques, notamment en raison de mon apparence et de mon masking / camouflage. Tout au plus, elles peuvent me trouver réservée ou parler d’une voix très douce.


Il m’arrive même parfois d’éprouver une forme de syndrome de l’imposteur, en me demandant : « Est-ce que je suis vraiment autiste ? »


Au cours de mon parcours d’auto-représentation, j’ai également reçu de nombreux messages de personnes autistes présentant des caractéristiques plus typiques ou considérées comme « sévères », ou de la part de leurs proches, qui me disaient par exemple : « Mais tu n’as pourtant pas l’air d’avoir de problèmes », « Tu fais partie des personnes qui vont vraiment bien », ou encore : « Des personnes comme toi, qui ont l’air parfaitement normales mais disent être autistes, font taire la voix de mon enfant non verbal… »


Tout cela m’a parfois beaucoup découragée et m’a fait douter de moi-même.


Pourtant, je pense parfois à une chose : les personnes qui disent que je « n’ai rien », que je « fais semblant » ou que mon handicap « ne se voit pas » ne voient pas ce qui se passe dans ma vie privée. Elles ne voient pas les moments où je m’effondre à la maison à cause d’une toute petite stimulation sensorielle (sensory overload), ni ceux où une remarque faite sans mauvaise intention ou un malentendu avec quelqu’un peut provoquer un effondrement autistique (autistic meltdown, rejection sensitive dysphoria).


Si elles savaient que, lorsque je traverse un burn-out autistique, il peut même m’être extrêmement difficile de me brosser les dents ou de prendre une douche, diraient-elles encore que « je suis parfaitement normale » ou que « je fais semblant » ?


J’aimerais donc vous demander, Maïtena : après votre diagnostic, vous est-il également arrivé de douter de vous-même, de vous demander si vous « faisiez semblant » ?


Et au cours de votre parcours d’auto-représentation, avez-vous déjà été confrontée aux doutes ou aux remises en question des autres ?


Dans ces moments-là, comment faites-vous pour y faire face, ou pour expliquer votre situation aux autres ?


Maïtena :


→ Je ne me suis jamais demandé si je faisais semblant. Mais j’ai douté du diagnostic bien sûr. Peut-être que je doute encore , dans le sens que j’ai le sentiment que l’on sait peu de choses. Ce que l’on appelle autisme aujourd’hui peut-être l'appellera-t-on autrement demain. Ça ne compte pas pour moi. Je sais que je fonctionne de manière singulière . c’est une certitude  et cela ne fait aucun doute. 


Les autres, ceux qui ont un avis tranché sur le fait que je sois sur le spectre ou pas, ne sont JAMAIS des psychologues cliniciens ou psychiatre. Ils ont des métiers qui ne leur donnent aucune légitimité à établir un diagnostic . l’autisme comme la corrida ou la fourrure déclenche d’étranges réactions. Disproportionnées. Cela est peut-être dû au miroir qui est tendu à chacun, puisque nous avons tous nos différences.


Je ne considère pas avoir à faire face à l’avis des autres. Les gens dont l’avis comptent pour moi sont rares, et eux savent. 



Miya :


Pour poursuivre sur la question précédente.


Récemment, à Taïwan, l’algorithme du réseau social Threads a contribué à rendre de plus en plus visibles auprès du grand public des termes et des notions comme la neurodiversité, l’autisme, le TDAH ou encore le diagnostic tardif.


De nombreux nouveaux·elles militant·es et défenseur·euses des droits des personnes neuro-atypiques ont commencé à prendre la parole en nombre et à partager leurs expériences. Beaucoup, comme vous et moi, sont des personnes qui ont découvert relativement tard qu’elles étaient concernées.


Mais dans ces moments-là, il y a toujours des personnes — qu’il s’agisse de professionnel·les de santé, de parents, ou même de personnes concernées ayant une vision plus traditionnelle de l’autisme — qui interviennent pour critiquer, voire insulter, celles et ceux qui essaient de faire entendre leur voix.


Cela ne se produit pas seulement à Taïwan, mais aussi dans d’autres pays, y compris en France. Par exemple, il y a seulement quelques jours, je suis tombée sur une vidéo en français sur Instagram (https://www.instagram.com/p/Dbs9omMxDIQ) dans laquelle une psychologue mettait en doute l’expérience de personnes autistes qui témoignent sur Internet, allant jusqu’à les qualifier de « personnalités narcissiques ». L’une des personnes autistes concernées lui a ensuite répondu, en dénonçant cette façon de parler d’elles, qu’elle trouvait profondément blessante.


Tous ces phénomènes sont assez décourageants pour moi.


Lorsque j’ai regardé votre vidéo sur Instagram, dans sa version courte, j’ai également vu des commentaires similaires, notamment de la part de parents. Certains disaient par exemple : « Maintenant que toutes ces personnes “à haut niveau de fonctionnement”, qui n’ont apparemment aucun problème et qui ont réussi à devenir adultes, prennent la parole, qu’est-ce qu’on fait de mon pauvre enfant non verbal ? Qui va parler pour lui et être son porte-parole ? »


D’autres disaient : « Le vrai autisme, ce n’est pas ça. La plupart de ces personnes ont une déficience intellectuelle, elles sont très malheureuses. »


Tout d’abord, sans même entrer dans le débat autour du terme « haut niveau de fonctionnement » — qui consiste à catégoriser les personnes en fonction de leur niveau de “fonctionnement” et qui est très inconfortable pour de nombreuses personnes concernées, au point que son abandon a été demandé à plusieurs reprises —, les recherches montrent qu’environ 70 % des personnes autistes ne présentent pas de déficience intellectuelle associée. Pourtant, dans le discours courant, l’autisme continue très souvent à être directement assimilé à la déficience intellectuelle.


Le discours tragique présentant l’autisme comme quelque chose de « triste » ou de « pitoyable » m’a toujours profondément attristée, et je m’y oppose.


Comme vous l’avez dit dans votre entretien vidéo : « C’est simplement une différence. »


Et lorsque nous commençons à prendre la parole, on nous dit que nous sommes trop nombreux·ses, trop bruyant·es, que nous faisons de l’ombre à « celles et ceux qui ont vraiment besoin d’aide »…


Mais pourquoi personne ne pense-t-il au fait que, pendant toutes ces années, les voix des femmes, des personnes présentant des caractéristiques atypiques, des personnes autistes sans déficience intellectuelle significative et des personnes non blanches ont elles-mêmes été largement étouffées par un récit centré sur les hommes blancs, les petits garçons et les personnes présentant une déficience intellectuelle ?


On a parfois l’impression que dès que nous prenons la parole, un groupe de médecins, de chercheur·euses, de parents ou d’autres personnes qui se présentent comme comprenant mieux les personnes autistes qu’elles ne se comprennent elles-mêmes — alors qu’elles ne sont pas elles-mêmes autistes — intervient pour faire exactement ce qu’ils nous reprochent constamment de faire : « parler à la place des autres ».


Pourtant, la plupart du temps, lorsque nous militons et partageons nos expériences, notre intention est simplement de raconter ce que nous avons vécu, dans l’espoir que cela puisse accompagner ou aider d’autres personnes ayant vécu des choses similaires. C’est tout.


Nous ne voulons pas faire taire la voix de qui que ce soit. Nous ne voulons pas volontairement ignorer les personnes non verbales ou peu verbales. Nous ne voulons pas être les « porte-paroles » de quelqu’un d’autre. Nous parlons uniquement en notre propre nom.


Désolée d’avoir écrit autant de choses dans cette question ! Mais je serais très curieuse de connaître votre point de vue sur tout cela, Maïtena.


Et notamment, puisque vous travaillez depuis de nombreuses années dans les médias français, je serais également curieuse de savoir si vous envisagez, à l’avenir, de mettre votre visibilité publique ou votre expérience dans le milieu des médias au service de votre engagement autour de l’autisme et de la neurodiversité, en faisant d’une certaine manière le lien entre les deux.


Maïtena :


→ Je ne suis ni une experte, ni un modèle. J’avance démasquée. C’est tout et c’est beaucoup. Je suis heureuse que cela rende service. Mais surtout, après avoir passé  presque 60 ans à me conformer, je me libère et considère que désormais c’est au reste du monde de se faire à moi :-)  dans certaines limites cependant.



Miya :


Je vis en France depuis 2013. À l’origine, j’étais venue ici pour étudier la musique.


Par la suite, toujours dans le domaine de la musique et de l’éducation des enfants, j’ai obtenu un diplôme universitaire consacré à l’utilisation de la musique auprès des tout-petits et des enfants en situation de handicap (D.U. La musique et le tout-petit – La musique et l’enfant en situation de handicap).


Pendant cette formation, j’ai eu la possibilité d’effectuer un stage dans un hôpital de jour en France, auprès d’enfants autistes âgés de 5 à 11 ans. C’était une expérience qui m’a rendue très heureuse et dont j’ai énormément appris.


Malgré cela, au cours de ce stage, j’ai également été confrontée à certaines incompréhensions encore présentes aujourd’hui dans le système français concernant l’autisme, ainsi qu’à des stéréotypes encore véhiculés par des professionnel·les de santé eux-mêmes. Cela m’a beaucoup attristée et découragée.


Pendant mes études, mon établissement avait également invité une psychologue spécialisée dans l’autisme à venir donner une conférence. Le contenu de cette intervention m’avait mise mal à l’aise — c’était vers 2021-2022 — car elle défendait notamment l’idée selon laquelle les personnes autistes dites « à haut niveau de fonctionnement » ou anciennement diagnostiquées comme ayant un syndrome d’Asperger auraient tendance à faire taire la voix des autres personnes autistes.


Cette conférence a d’ailleurs été l’un des éléments qui m’ont poussée à faire mon coming out concernant mon handicap auprès de quelques camarades en qui j’avais confiance et avec qui j’étais plus proche.


Si cela vous intéresse, j’aimerais également beaucoup vous partager une conférence que j’ai donnée à Taïwan en août 2025 (https://www.youtube.com/watch?v=-7e39LEfo_Q), dans laquelle je raconte mon parcours d’enfance. J’y ai spécialement ajouté des sous-titres en français pour que mes proches et mes ami·es français·es puissent la regarder, héhé.


Je ne cherche absolument pas à critiquer la France. J’ai plutôt le sentiment qu’actuellement, aussi bien en France qu’à Taïwan, la compréhension de l’autisme dans la société reste très insuffisante.


Mais je serais très curieuse d’avoir votre propre observation : avez-vous le sentiment que, globalement, la compréhension de l’autisme, du TDAH, de la neurodiversité, etc. évolue plus lentement en France que dans les pays voisins ?


C’est ce que j’avais lu dans certaines informations que j’avais recherchées après avoir regardé le documentaire “Rachel, l’autisme à l’épreuve de la justice” (https://www.youtube.com/watch?v=hWSvmQjkpZo).


D’après ce que j’avais trouvé à l’époque, la France aurait plusieurs années de retard — voire au moins dix ans selon certaines sources — par rapport à certains pays voisins dans sa compréhension et sa prise en compte de l’autisme, et elle aurait également fait l’objet de plusieurs condamnations ou critiques de la part du Conseil de l’Europe.


Si vous souhaitez partager votre expérience à ce sujet, je serais également curieuse de savoir si, depuis votre diagnostic, les personnes qui vous entourent — dans votre vie quotidienne comme dans votre environnement professionnel — comprennent davantage votre fonctionnement, ou si certaines personnes ont été disposées à mettre en place des aménagements ou des adaptations en fonction de vos besoins.


Maïtena :


→ Je n’ai pas d’avis sur le sujet. On ne peut que constater le retard de la France. Cependant Thomas Bergeron à l’institut pasteur, fait beaucoup avancer les choses. 



Miya :


Enfin, j’aimerais vous demander, Maïtena : si vous pouviez adresser quelques mots à la jeune fille que vous étiez à l’adolescence, que lui diriez-vous ?


Et pourriez-vous également dire quelques mots d’encouragement aux personnes autistes et/ou avec un TDAH qui lisent cet entretien, qu’elles aient reçu leur diagnostic tôt ou tardivement ?


Si vous souhaitez également adresser quelques mots d’encouragement aux proches, aux parents, aux aidant·es ou aux personnes qui accompagnent des personnes autistes, ou leur dire quelque chose que vous aimeriez qu’ils sachent afin de pouvoir mieux comprendre et soutenir les personnes neuro-atypiques qui les entourent, vous pouvez également le faire ici.


Merci beaucoup.


Maïtena :


→ Je n’aime pas l’idée de parler à ce que j’ai été. C’est derrière  moi  et ça n’a pas d’autre intérêt que d’avoir participé à me construire aujourd'hui. Être autiste, avoir une/un autiste  dans sa vie est une chance. Un plus. Une autre façon, un enrichissement. Comme parler une langue étrangère, jouer d’instruments, mettre des lunettes 3D. C'est une autre façon d'être et de percevoir le monde. C'est le fondement de l’amour  : voir les choses d’un autre point de vue. C’est une chance pour nous tous. Neuro-atypique et neurotypique.



Miya :


Je suis vraiment très heureuse que Maïtena ait accepté cet échange.

Merci à vous de nous avoir offert un regard aussi approfondi, ainsi qu’un témoignage aussi sincère et authentique.

「哈囉,友人在嗎?」30 訪談法國晚確診女性泛自閉光譜者、電視節目主持與製作人Maïtena Biraben

※ 本次的法文版本會另外發布一篇貼文,你可以在此閱讀。


  我是無意間在Instagram上看到Maïtena Biraben女士於Le Nouvel Obs(法國一個新聞週刊平台)的影音訪談後,查詢完整影片看完,才認識她的。

  在法國,泛自閉光譜/ADHD成人女性的討論,在主流媒體還很稀缺。儘管在Instagram等平台,許多新一代的泛自閉光譜與ADHD當事者開始進行線上的倡議(self advocacy),但就如台灣,這種倡議仍停留在同溫層當中,很難進入大眾視野。

  而這個社會,仍然對於泛自閉光譜、ADHD等神經非典型(Neurodivergent)人士,有著很大的誤解。

  早期由電影《雨人》將自閉光譜者「男性、天才」的樣板深植人心,影劇、小說作品中的泛自閉光譜者,多為男性、小孩,要不就是天才要不就是合併智能障礙生活無法自理者。女性、非典型表徵的當事者,以及習得擬態(masking/camouflage)的人們,從未被呈現過,而社會對於泛自閉光譜族群的理解與印象,也隨著主流媒體所鞏固的偏見而越發刻板。

  而今,如Maïtena Biraben女士這樣世俗認定的「成功」人士——高社經地位、把自己打理得十分得體、(看似)擅長處理人際應對、已經(看似)無恙地長到成年——很少人會把這樣的一個人,與泛自閉光譜劃上等號。

  Maïtena是在57歲時被確診泛自閉光譜的。如今59歲的她,在今年的自閉關懷月(每年四月)分享了自己的故事。

  看完Maïtena的影音訪談後,我對於她的勇敢、她的幽默、她在鏡頭前不吝於展現的真實與脆弱,而感到動容。於是我鼓起勇氣寫了電子郵件邀訪她。

  最初是想要以視訊訪談的方式,做一集(類)podcast;但由於Maïtena平時工作忙碌,於是答應了以筆談的型態接受對談。

  非常謝謝她!

  讓我們開始吧。



Miya:

  再次謝謝Maïtena接受我的邀訪。我很久沒有與人筆談,也比較少訪談法國人,有點小緊張。

  但真的非常開心您接受我的邀請噢!

  前陣子我的家人將我兒時的影片轉檔成DVD,於是過去的卡帶都能看了。那時我很認真地在影片中尋找泛自閉光譜的蛛絲馬跡。

  雖然影片大多只會呈現狀態好的模樣、家人和睦相處的片段;但從我個人對小時候的記憶,以及聯絡簿當中老師和父母的文字紀錄看來,我確實一直都有非常明顯的泛自閉光譜與ADHD特質。這總讓我困惑——為什麼明明那麼顯著,卻沒有大人意識到我的狀況呢?

  所以,首先第一個問題,想要請教Maïtena,您覺得獲得診斷後,回放過往的成長歷程,有哪些部分是您覺得「咦?這明明很明顯是泛自閉光譜,為什麼沒有任何人發現呢?」

  以及,對於這些記憶,您是否會產生一種惆悵、可惜的感受?

  面對晚確診後的那些「如果當初」,以及某些隱約的遺憾感,您如何自處?


Maïtena:

  不,我並不覺得當時的一切其實都很明顯。從很小的時候起,我就一直透過掩飾自己的特質、適應周遭環境來形塑自己,而且我可以說,自己做得相當出色。

  在別人眼中,我就是那種心不在焉、迷迷糊糊、活在自己世界裡的人……但我有很強的意志力,個性隨和,也很有主見。對我而言,所有事情似乎都是一個問題,而我會自己找出答案。

  是的,我確實感到悲傷。首先,是想到如果當初有人看見並好好發掘,我原本可能擁有非常出色的潛能;當然,也包括我原本可能與父母建立的關係,尤其是與父母之間的關係。

  這正是晚確診最讓我遺憾的事。當初的關係原本可能截然不同;而且,我的診斷也可能促使家中其他成員陸續接受診斷,這或許能讓某些人的人生過得更輕鬆一些。



Miya:

  在我2017於台灣出版了我個人作為早產兒的成長歷程後,出版社邀約了我兒時的精神科醫師寫推薦序,在她看完了我的書以後,她跟我說我很明顯是自閉光譜者。2022年底我回去和她做了正式的診斷。

  儘管如此,在日常生活中,因為我的外表、我的擬態/偽裝(masking/camouflage),與我不熟悉的人很難看出我的特質(可能頂多覺得我內向、說話小聲)。

  偶爾,就連我自己都會有種冒牌者症候群,覺得「我真的是泛自閉光譜者嗎?」

  倡議的旅途中,也曾收到過不少表徵較典型、「嚴重」的當事者或其照顧者,表示「妳看起來又沒怎樣」、「妳已經算狀況很好的了」、「妳和那些『明明很正常』卻說自己有自閉症的人,掩蓋了我無口語的孩子的聲音」……等,讓我感到很氣餒,也很懷疑自己。

  然而有時我也會想——那些說我「沒怎樣」、「只是假裝」、「障礙不明顯」的人,並沒有看到我私下在家中因為一點小小的感官刺激(Sensory Overload),或是別人一句無心的批評或誤解而潰堤(Autistic Meltdown、Rejection Sensitive Dysphoria)的時刻……如果他們知道我在經歷泛自閉倦怠(Autistic Burnout)時,連刷牙洗澡都很困難,還會說「我很正常」、「我在假裝」嗎……?

  想請教Maïtena,在您確診後,是否也會有那些懷疑自己「是不是再假裝」的時刻;或是在您倡議的旅途中,是否也曾受到外界的質疑?

  這種時候,您都是如何面對,或是如何向大家說明?


Maïtena:

  我從來沒有懷疑過自己是不是在假裝。但我當然曾經懷疑過這個診斷。或許直到現在,我仍然有所懷疑;不過,我所指的是,我覺得我們對這件事所知甚少。

  今天我們稱之為「自閉症」的東西,或許到了明天,就會被稱作別的名稱。對我而言,這並不重要。我知道自己的運作方式與眾不同,這是我確信無疑的事。

  至於那些對我究竟是否屬於自閉光譜有著斬釘截鐵看法的人,他們絕對不會是臨床心理師或精神科醫師。 他們所從事的職業,並不賦予他們做出診斷的正當資格。

  自閉症就像鬥牛或毛皮議題一樣,總會引發一些奇怪、甚至不成比例的反應。或許是因為這些議題像一面鏡子,映照出每個人自身的樣貌;畢竟,我們每個人都有自己的差異。

  我不認為自己有必要去面對、回應別人的看法。真正對我而言重要、其意見值得我在意的人並不多,而這些人都了解我。



Miya:

  接續著上一題。

  近期在台灣,因為社群網站Threads演算法,使得神經多樣性(Neurodiversity)、泛自閉光譜、ADHD、晚確診等詞彙,越發被大眾看見。

  許多新一代的倡議者(許多人如您與我一樣,為剛發現自己特質的晚確診者)開始大量地冒出、努力分享自己的體驗與聲音。

  然而,這種時候總會有一些人,無論是所謂的醫學專業人士、家長,甚或概念較為刻板的當事者,會跳出來指責、謾罵那些努力的倡議者們。

  不僅僅在台灣,在其他國家,甚至法國也如此(比如前幾天我才在Instagram看到,類似這樣的法文影片,影片中一位心理師正質疑著網路上分享自身經驗的自閉光譜者,並稱他們為「自戀型人格」;而後這位自閉光譜者反擊這種令人難過的說法)。

  這些現象總是讓我感到氣餒。

  當時在看您的影片(Instagram的簡短版本)時,下方也有類似的留言,來自一些家長。他們說「現在這些『高功能』、沒怎樣、好好活到成年的人跑出來說話,那我可憐的無口語的孩子怎麼辦?誰來幫他說話、幫他代言?」或是「真正的自閉症才不是這樣,他們大多合併智能障礙,很可憐的。」

  首先先不論「高功能」一詞(以功能性區分),對於多數當事者而言是很不舒服的用語、已經多次被呼籲停用;再者研究已經證明有70%的泛自閉光譜者,其實是沒有合併智能障礙的;但坊間仍時常把自閉光譜與智能障礙直接劃上等號。

  我對於「自閉光譜是可憐的」這種悲劇性敘事也一向很難過與反對。

  就如Maïtena在影音訪談裡說的,「那就是個差異」。

  而當我們開始發聲,人們會說我們人太多了、太吵了、蓋過「其他真正需要幫助的人」的聲音了……但他們怎麼都沒有想過,一直以來女性、特質非典型者、智力無顯著障礙者、非白人者,他們的聲音一直被那種白人、小男孩、合併智能障礙的敘事給蓋過。

  好像我們只要一出聲,就會有一群自詡比當事者更加理解他們(但本身不是自閉光譜者)的醫生、學者、家長……等,出來做一件他們總是指責我們的事情——「代言」。

  然更多時候,努力倡議、分享的我們,從來想著的只是分享我們的經驗,或許能陪伴到更多與我們有相似經驗的人,僅此而已。我們不想蓋過任何人的聲音、不想刻意忽略無/低口語者、不想「代言」誰,我們只代表自己。

  不好意思上面寫了許多想法,我很好奇在這樣的議題上,Maïtena有什麼想法能分享嗎?

  尤其您長年深耕法國的媒體業,如果您願意分享的話,我也很好奇您未來有沒有打算以您的公眾影響力,或是在媒體業界的經驗,去與您的倡議方面做融合?


Maïtena:

  我既不是專家,也不是什麼典範。我只是卸下偽裝,坦然地走下去。

  就這樣。這件事看似如此簡單,卻也蘊含了很多。

  我很高興,這樣做能夠對別人有所幫助。

  但更重要的是,在花了將近六十年的時間努力迎合、符合他人的期待之後,我終於開始解放自己。我認為,從今以後,該由這個世界的其他人來適應我了 :-) 當然,還是有一定限度的。



Miya:

  我從2013年開始在法國,原本是為了學習音樂。

  後來,同樣在音樂/兒童教育的領域,我修了一個以音樂陪伴學齡前與身心障礙兒童的學士學位(D.U. La musique et le tout-petit - La musique et l'enfant en situation de handicap)。

  在那個學位的求學期間,我得以在法國當地的日間照護中心,陪伴5到11歲的泛自閉光譜孩子。那是讓我覺得很幸福也很有收穫的一次實習。

  儘管如此,在實習過程中,我也看到了一些法國目前體制泛自閉光譜的不了解,以及連醫療人員都仍持有的刻板印象。這讓我感到遺憾與氣餒。

  在學期間,校方也曾邀請專攻自閉光譜的心理學家演講,當時演講的內容也讓我感到不適(那時約莫2021-2022年)——對方也是認定「高功能自閉光譜/亞斯伯格症者壓制了其他當事者的聲音」的那派……那場講座也是促使我私下和較熟悉信任的同學障礙出櫃的契機(如果您願意,我也很想和您分享我2025.08在台灣分享自己成長歷程的演講,我特別加上法文字幕給法國的親朋好友看,嘿嘿)。

  我無意批判法國,我覺得目前無論法國還是台灣的社會,對於泛自閉光譜的理解遠遠不足。

  然而,我很好奇Maïtena自己的觀察,法國整體對於泛自閉光譜、ADHD、神經多樣性等議題的理解,會否比周遭鄰國要緩慢一些?

  那是我之前讀到的資料,在看過「雷雪兒事件」(Rachel, l'autisme à l'épreuve de la justice)紀錄片後,所查詢到的資訊。據悉,法國的泛自閉光譜資訊與概念相較鄰國慢了至少十年,甚至多次被歐洲理事會多次譴責……

  如果您願意分享,我也很好奇在您確診後,您周遭的人們,無論日常生活或職場,是否有比較能理解您,或是願意為您的特質而做出一些相應的協助與調整?


Maïtena:

  對於這個議題,我沒有特別的看法。我們能做的,就是承認法國確實有所落後。

  不過,巴斯德研究所(Institut Pasteur)的 Thomas Bergeron 正在大力推動相關領域的進展。



Miya:

  最後,想請教Maïtena,如果您可以對青少女時期的自己說一段話,您會對她說些什麼?

  以及,您是否能說點什麼,鼓勵正在閱讀這篇文章、無論早期確診或晚確診的泛自閉光譜/ADHD夥伴?

  如果您有想對自閉光譜的照顧者、父母、親友等說些什麼鼓勵的話,或是希望他們知道些什麼,能夠更幫助他們身邊的泛自閉光譜族群,您也可以分享在這邊。

  謝謝您。


Maïtena:

  我不太喜歡對過去的自己說些什麼這個想法。那一切都已經過去了,而它唯一的意義,就是那段經歷曾經參與形塑今天的我。

  身為自閉者,或是在自己的生命中有一位自閉者,都是一種幸運。

  這是一種額外的收穫,是另一種存在方式,也是一種豐富。

  就像學會說一門外語、演奏樂器,或是戴上 3D 眼鏡一樣。

  那是另一種存在的方式,也是另一種感知世界的方式。

  這正是愛的根本:從另一個角度看待事物。

  這對我們所有人而言,都是一種幸運——無論是神經典型者,還是神經非典型者。



Miya:

  真的非常高興Maïtena答應這次的對談。

  謝謝您帶給我們如此深入的視點與真誠的內容。